Le cheveu a toujours été un moyen d’expression.
On le montre, on le transforme, on le tresse, on le couvre. On porte une perruque pour changer d’allure, par praticité ou parfois à la suite d’une perte de cheveux. On couvre ses cheveux par conviction, par habitude, pour des raisons culturelles, ou professionnelles.
Mais la raison pour laquelle nous couvrons nos cheveux n’est pas le sujet.
Ce qui nous intéresse ici, c’est le cheveu qui se trouve dessous.
Parce qu’un cheveu que l’on ne voit pas reste un cheveu dont il faut prendre soin.
Et lorsqu’il passe plusieurs heures par jour sous un voile, une perruque, un bonnet ou une autre matière, une question devient essentielle :
Comment réagit-il à cet environnement ?
Sécheresse, casse, frottements, transpiration, tensions, accumulation… Plutôt que d’appliquer une routine toute faite, apprenons à regarder ce que nos cheveux nous disent.
1. Une perruque protège de certaines choses… mais peut en créer d’autres.
Porter une perruque peut réduire les manipulations quotidiennes et protéger les longueurs de certaines agressions extérieures.
Mais ce qui se passe sous la perruque et autour de celle-ci compte tout autant.
La bande ou le bord de la perruque peut exercer une pression et des frottements répétés, particulièrement sur la ligne frontale, les tempes, derrière les oreilles ou au niveau de la nuque.
Les systèmes de fixation méritent également notre attention.
Bandes, clips, adhésifs… lorsqu’une fixation tire, comprime ou frotte régulièrement au même endroit, les cheveux du contour peuvent progressivement être fragilisés.
LE CONSEIL NANÉ
Lorsque vous retirez votre perruque, ne regardez pas seulement votre coiffure.
Prenez quelques secondes pour observer vos tempes, votre ligne frontale, l’arrière des oreilles et votre nuque.
Voyez-vous davantage de petits cheveux cassés ? Une zone semble-t-elle moins dense ? Ressentez-vous une douleur ou une sensibilité inhabituelle ?
Profitez également de ce moment pour passer doucement vos doigts sur le cuir chevelu. Un massage léger peut être agréable et favoriser la détente du cuir chevelu, sans frotter vigoureusement les zones sensibles.
Votre perruque peut être magnifique.
Ce qui compte pour vos cheveux, c’est aussi ce qu’elle laisse derrière elle lorsqu’on l’enlève.
2. La colle mérite elle aussi notre attention.
La colle permet d’obtenir une fixation et une finition recherchées avec certaines perruques.
Mais elle ne doit pas devenir invisible dans notre réflexion simplement parce que le résultat esthétique nous plaît.
Ce qui compte notamment, c’est où elle est appliquée, la fréquence d’utilisation et surtout la manière dont elle est retirée.
Une colle en contact avec les cheveux, un retrait trop agressif ou des fixations sollicitant constamment les mêmes zones peuvent fragiliser la ligne frontale. Certaines personnes peuvent également développer une irritation ou une réaction cutanée aux adhésifs.
LE CONSEIL NANÉ
Évitez autant que possible d’appliquer l’adhésif directement sur les cheveux et ne l’arrachez jamais pour gagner du temps au retrait.
Utilisez la méthode de retrait prévue pour l’adhésif concerné et accordez une attention particulière à votre ligne frontale.
Si une zone devient irritée, douloureuse ou commence à perdre en densité, ne cherchez pas simplement à mieux la dissimuler sous la prochaine perruque.
L’esthétique ne devrait jamais nous empêcher d’observer ce que vit notre cheveu.
3. Sous une perruque, vos cheveux ont toujours une routine
C’est probablement l’un des points les plus importants.
On prépare ses cheveux, on les natte éventuellement, on pose sa perruque… puis on ne les voit parfois presque plus pendant plusieurs jours.
Et ce que l’on ne voit plus peut facilement être oublié.
Pourtant, le cuir chevelu continue de produire du sébum et de transpirer. Les longueurs peuvent perdre de leur souplesse. Des produits peuvent s’accumuler.
Votre cheveu sous une perruque a toujours des besoins.
Cela ne signifie pas qu’il faut systématiquement le vaporiser tous les jours, l’enduire d’huile ou reproduire la routine d’une autre personne.
Cela signifie qu’il faut continuer à l’observer.
Lors du retrait : est-il souple ? Sec ? Cassant ? Terne ? Chargé de produits ? Votre cuir chevelu est-il confortable ?
Votre réponse à ces questions doit guider votre routine davantage qu’une fréquence imposée.
LE CONSEIL NANÉ
Sous une perruque, il peut être intéressant de travailler plus léger.
Si vos longueurs deviennent sèches, une brume aqueuse légère peut suffire à leur redonner de la souplesse.
Si elles réclament davantage de soin, appliquez une petite quantité de soin sur les longueurs et les pointes, plutôt que de charger le cuir chevelu avec une crème épaisse.
Si votre soin habituel est riche, commencez simplement par humidifier légèrement les longueurs puis utilisez-en une quantité beaucoup plus petite. Vous obtenez ainsi une application plus légère sans multiplier les couches de produits.
Et surtout, laissez correctement sécher vos cheveux avant de les maintenir couverts pendant de longues heures.
Hydrater ne signifie pas garder ses cheveux constamment humides.
4. Sous un voile, la matière compte… mais pas toujours comme on l’imagine.
Coton, viscose, soie, satin, laine, polyester…
Il serait tentant de créer une règle très simple :
matière naturelle = bonne ; matière synthétique = mauvaise.
La réalité est plus nuancée.
Le coton peut être respirant mais également absorbant. Une laine peut être naturelle tout en présentant une surface créant davantage de frottements. Un satin très lisse peut, lui, être fabriqué à partir de différentes fibres.
Il faut donc s’intéresser non seulement au nom inscrit sur l’étiquette, mais à la manière dont la matière se comporte au contact de vos cheveux.
Frotte-t-elle beaucoup ?
Vos cheveux deviennent-ils plus secs après plusieurs heures ?
Avez-vous particulièrement chaud dessous ?
Transpirez-vous davantage ?
Observez-vous davantage de nœuds ou de casse sur certaines zones ?
Pour vos cheveux, le nom de la matière compte moins que la manière dont elle interagit avec eux.
LE CONSEIL NANÉ : FAITES VOTRE PROPRE TEST MATIÈRE.
Pendant quelques jours, observez simplement vos cheveux lorsque vous retirez votre voile.
Sont-ils toujours souples ? Les cheveux situés au niveau des tempes ou de la nuque sont-ils plus rêches ? Votre cuir chevelu est-il particulièrement humide ? Certaines zones semblent-elles davantage emmêlées ?
Puis changez un seul paramètre : la matière en contact avec vos cheveux, la façon de les attacher, la position de l’attache ou la tension exercée.
Et observez à nouveau.
C’est souvent plus instructif que de décréter qu’une matière convient à toutes les femmes.
5. La façon de porter le voile compte autant que le voile.
Le tissu n’est qu’une partie de l’équation.
Il faut également regarder ce qui se passe dessous.
Comment vos cheveux sont-ils coiffés ?
Sont-ils attachés quotidiennement au même endroit ?
Très plaqués ?
Maintenus sous tension pendant de longues heures ?
Une coiffure cachée peut exercer des contraintes que personne ne voit.
Et lorsque les mêmes zones subissent quotidiennement tension ou frottement, les cheveux peuvent progressivement se fragiliser.
Cela ne signifie évidemment pas que le voile fait tomber les cheveux.
Cela signifie que la manière dont les cheveux sont coiffés, attachés et maintenus dessous mérite elle aussi d’être observée.
LE CONSEIL NANÉ
Lorsque cela est possible, évitez de créer quotidiennement exactement la même tension au même endroit.
Varier légèrement la position d’une attache, réduire sa tension ou modifier ce qui se trouve directement au contact des cheveux peut parfois être plus utile que d’ajouter un produit supplémentaire.
Parfois, la meilleure réponse à un cheveu qui se fragilise n’est pas un soin de plus, mais la correction de ce qui le fragilise.
6. Le cheveu caché n’a pas forcément besoin de plus de produits.
C’est un point essentiel.
Parce que les cheveux sont couverts, on peut penser qu’il faut davantage les vaporiser, huiler le cuir chevelu ou multiplier les soins.
Pas nécessairement.
Un cheveu qui reste longtemps couvert peut également connaître l’accumulation de produits, de sébum et de transpiration.
La question n’est donc pas :
« Combien de fois dois-je hydrater mes cheveux ? »
Mais plutôt :
« Dans quel état sont-ils aujourd’hui ? »
S’ils manquent de souplesse, adaptez votre hydratation.
S’ils sont lourds ou chargés, n’ajoutez pas automatiquement une nouvelle couche de produit. S’ils restent souples et confortables, il n’est peut-être pas nécessaire d’intervenir.
Savoir prendre soin de ses cheveux, c’est aussi savoir quand ne rien ajouter.
7. Votre cheveu vous donne des informations : apprenez à les lire.
Voilà finalement le cœur du sujet.
Lorsque vous découvrez vos cheveux après plusieurs heures ou plusieurs jours, regardez-les vraiment.
Ils deviennent secs ?
Interrogez votre routine, mais également leur environnement et les matières avec lesquelles ils sont en contact.
Ils cassent davantage ?
Cherchez les zones de frottement, de tension et observez la manière dont vous les manipulez.
Ils deviennent ternes ou lourds ?
Pensez également à l’accumulation avant d’ajouter davantage de produits.
Vos tempes semblent s’affiner ?
Regardez ce qui tire, appuie ou frotte régulièrement à cet endroit.
Votre cuir chevelu est inconfortable ?
Ne masquez pas systématiquement le signal sous une nouvelle coiffure.
Et si vous constatez une perte de densité persistante, des zones qui se clairsement, une chute inhabituelle ou des symptômes du cuir chevelu, un avis dermatologique est préférable.
LE TEST DES 4 ZONES NANÉ
Lorsque vous retirez régulièrement votre perruque ou votre voile, prenez trente secondes pour observer quatre choses.
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Les tempes et la ligne frontale.
La densité semble-t-elle identique ? Voyez-vous davantage de petits cheveux cassés ?
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La nuque
Est-elle davantage emmêlée, sèche ou cassante aux endroits de frottement ?
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Les longueurs et les pointes
Sont-elles toujours souples ou deviennent-elles progressivement rêches, ternes ou fragiles ?
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Le cuir chevelu
Est-il confortable ou observez-vous démangeaisons, sensibilité, rougeurs ou accumulation ?