Nous n’arrivons pas toutes à la transition capillaire pour les mêmes raisons.
Pour certaines, revenir au naturel est un choix : l’envie de retrouver sa texture, de ne plus défriser ses cheveux, de modifier ses habitudes ou simplement de découvrir et d’assumer pleinement son cheveu naturel.
Pour d’autres, la transition ne commence pas vraiment par un choix.
Chute, casse importante, cuir chevelu fragilisé, alopécie… une problématique capillaire peut nous conduire à reconsidérer des pratiques que nous n’avions jusque-là jamais remises en question.
C’est ainsi que ma propre transition a commencé.
Mon alopécie m’a amenée à m’interroger sur ce que je faisais à mes cheveux et surtout sur ce que je devais désormais faire différemment.
Et cette distinction est importante.
Lorsqu’une transition est choisie, la question peut être :
« Comment accompagner progressivement le retour de ma texture naturelle ? »
Mais lorsqu’elle débute dans un contexte de chute, de casse ou de fragilisation, une autre question doit parfois venir avant :
« Pourquoi mes cheveux se fragilisent-ils et comment éviter d’aggraver la situation ? »
Dans les deux cas, la destination peut être la même : retrouver son cheveu naturel et apprendre à mieux le connaître.
Mais le point de départ, lui, n’est pas toujours le même.
1. Si votre transition commence par une chute ou une fragilisation, cherchez d’abord à en comprendre la cause.
Lorsqu’on fait face à une problématique de chute, le réflexe peut être de chercher rapidement un produit pour la pousse : huile, sérum, lotion ou complément alimentaire.
Pourtant, avant de chercher à stimuler quoi que ce soit, il faut essayer de comprendre ce qui se passe.
Vos cheveux cassent-ils sur les longueurs ? Tombent-ils depuis la racine ? Certaines zones perdent-elles en densité ? Votre cuir chevelu présente-t-il des signes inhabituels ?
Casse, chute et alopécie ne désignent pas la même chose.
La casse concerne la fibre capillaire. Une chute importante ou une perte de densité peut avoir différentes causes et ne doit pas être automatiquement attribuée à votre routine.
Si vous constatez une chute inhabituelle ou persistante, des zones clairsemées ou une modification de votre cuir chevelu, un avis médical, notamment dermatologique, est préférable avant de multiplier les produits.
À retenir
Avant de chercher à faire pousser davantage, cherchez d’abord à comprendre ce que vous perdez et pourquoi.
2. Quelle que soit votre transition, prenez soin dès maintenant du cheveu que vous voulez conserver.
Que votre transition soit choisie ou qu’elle ait été provoquée par une problématique capillaire, un même apprentissage commence : comprendre les besoins du cheveu naturel qui pousse.
Car c’est lui que vous souhaitez désormais conserver.
Pour le cheveu afro, et particulièrement le cheveu crépu, trois piliers méritent une attention particulière : l’hydratation, la douceur des manipulations et la préservation des longueurs.
Autrement dit, il ne suffit pas d’attendre que les nouveaux cheveux poussent.
Il faut aussi apprendre à les entretenir, à les démêler sans brutalité, à limiter les manipulations inutiles et à maintenir suffisamment de souplesse pour réduire la casse.
C’est là une distinction fondamentale :
la pousse se produit à la racine, mais la longueur se préserve aussi par la manière dont on prend soin de la fibre.
3. Deux textures cohabitent : elles n’ont pas nécessairement les mêmes besoins
Lors d’une transition après défrisage, la repousse naturelle apparaît tandis que les longueurs chimiquement transformées restent encore présentes.
Pendant un certain temps, deux textures cohabitent donc sur une même chevelure.
Et elles n’ont pas vécu la même histoire.
La partie transformée peut être davantage sensibilisée par les traitements chimiques, tandis que la nouvelle pousse vous demande d’apprendre progressivement à connaître les caractéristiques et les besoins de votre texture naturelle.
L’erreur serait de vouloir absolument faire se comporter ces deux textures de la même manière.
Votre nouvelle routine doit progressivement être pensée autour du cheveu que vous souhaitez conserver : votre cheveu naturel.
Cela ne signifie pas abandonner les longueurs transformées tant qu’elles sont présentes. Au contraire : elles doivent être entretenues et manipulées avec précaution jusqu’à leur coupe.
Mais elles sont désormais une partie transitoire de votre chevelure, et non la référence autour de laquelle construire votre future routine.
4. Transition progressive : coupez les longueurs transformées à votre rythme
Le big chop n’est pas une obligation pour revenir au naturel.
Si votre transition est choisie et que vous souhaitez conserver de la longueur, vous pouvez couper progressivement les parties défrisées au fur et à mesure que votre cheveu naturel pousse.
Cette méthode permet d’avancer à son rythme, mais elle demande davantage d’attention puisque les deux textures vont cohabiter pendant plusieurs mois.
Le démêlage devient alors particulièrement important : travaillez par sections, utilisez un soin conditionnant apportant suffisamment de glissant et commencez par les pointes avant de remonter progressivement.
Et surtout, ne cherchez pas à conserver chaque centimètre à tout prix.
Lorsque certaines pointes deviennent très fragiles, cassantes ou constamment emmêlées, les couper progressivement peut faciliter la transition et préserver le reste de la chevelure.
5. Si une problématique capillaire a provoqué votre transition, elle reste prioritaire
Lorsque la transition est liée à une chute importante, une alopécie ou une autre problématique du cuir chevelu, l’approche n’est pas exactement la même.
Dans ce cas, réussir sa transition ne consiste pas uniquement à gérer deux textures.
La priorité est d’identifier la cause de la problématique et de mettre en place, lorsque cela est nécessaire, la prise en charge recommandée par le professionnel de santé qui vous suit.
Les soins cosmétiques ont alors un rôle d’accompagnement.
Ils peuvent contribuer à maintenir la souplesse des longueurs, faciliter le démêlage, limiter certaines manipulations et prendre soin du cheveu pendant que la problématique elle-même fait l’objet d’une prise en charge adaptée.
C’est un point essentiel :
un soin capillaire n’a pas vocation à remplacer le traitement d’une alopécie ou d’une chute pathologique.
Mais votre routine cosmétique doit, parallèlement, commencer à répondre aux besoins du cheveu naturel que vous souhaitez préserver.
6. Hydratez pour préserver la souplesse et les longueurs.
L’hydratation occupe une place centrale dans l’entretien du cheveu crépu, mais il faut bien comprendre ce que l’on cherche à obtenir.
Hydrater ne signifie pas faire pousser.
L’objectif est notamment de maintenir des longueurs suffisamment souples et faciles à manipuler pour éviter de transformer chaque démêlage ou coiffage en source supplémentaire de casse.
Et c’est là que la notion de rétention des longueurs devient importante.
Un cheveu peut pousser à la racine tandis que les pointes cassent progressivement. On peut alors avoir l’impression que « les cheveux ne poussent pas », alors qu’une partie du problème se situe dans la conservation des longueurs.
Observez donc vos cheveux :
Restent-ils souples entre deux lavages ?
Les pointes deviennent-elles rapidement rêches ?
Le démêlage devient-il difficile ?
Retrouvez-vous beaucoup de petits cheveux cassés ?
La pousse compte. Mais préserver ce qui pousse compte tout autant.
7. Faites du démêlage un véritable soin.
Pendant une transition, le démêlage ne devrait jamais être traité comme une simple étape à terminer rapidement.
Travaillez vos cheveux par sections. Utilisez un soin apportant suffisamment de glissant. Commencez par les pointes et remontez progressivement vers les racines.
Lorsqu’un nœud résiste, ne tirez pas davantage.
Ralentissez...
Cette douceur devient encore plus importante lorsque deux textures cohabitent ou lorsque les cheveux sont déjà fragilisés.
Le bon démêlage n’est pas celui qui va le plus vite.
C’est celui qui vous permet de perdre le moins de cheveux par casse.
8. Une coiffure protectrice doit réellement protéger.
Nattes, vanilles, perruques ou autres coiffures peuvent être intéressantes pendant une transition parce qu’elles permettent de réduire les manipulations quotidiennes.
Mais « coiffure protectrice » n’est pas une garantie.
Une coiffure qui tire sur les racines, provoque une douleur ou exerce une tension importante sur les tempes peut au contraire devenir une source de fragilisation.
Retenez une règle simple :
si une coiffure fait mal, elle est trop serrée.
Et les cheveux placés sous des tresses ou une perruque ne cessent pas d’exister : ils continuent d’avoir besoin d’être entretenus.
Une coiffure protectrice doit d’abord protéger ce qui se trouve dessous.